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NOTRE ODYSSEE c'est un récit passionnant qui retrace l'histoire du Chœur Georges Brassens, sa naissance, sa maturation, sa participation aux différents festivals internationaux et aux voyages pleins d'aventures, de prises de contact et de découvertes étonnantes.
 

MUTINETRIE A BORD DU NAVIRE

Cela s'est passé en 1990. Nous étions à l'époque partie intégrante d'un chœur qui préparait sa première tournée en France. Au seuil du paradis, les enfants travaillaient avec entrain au programme de chansons russes et françaises.

Mais un mois avant le départ, plusieurs choristes furent radiés de la liste des partants. "C'est injuste!" dirent alors l'adjoint du chef de chœur et l'accompagnatrice, ce qui leur valut d'être eux aussi exclus de la fête.

L'atmosphère s'alourdit. Le chœur se scinda entre ceux qui brûlaient de voir la France et dénonçaient les trouble-fête, et ceux qui n'acceptaient pas l'injustice, leur soif d'aller en France étant d'ailleurs toute pareille. Alors l'adjoint du chef de chœur dit à ceux qui l'appuyaient: "Je vous en suis reconnaissant et je sais qu'au nom de la solidarité vous êtes prêts à renoncer à ce voyage. Cette prise de position compte pour moi par-dessus tout. Mais point n'est besoin de vous sacrifier. Partez, revenez et alors décidez de ce que vous aurez à faire."

LES MUTINS DEMENAGENT

L'adjoint du chef de chœur, c'est votre serviteur, Alexandre Avanessov, et l'accompagnatrice, alias l'auteur d'arrangements de chansons, c'est Olessia Tourkévitch qui allait alors terminer le conservatoire. Tous deux nous nous mîmes à chercher de nouveaux locaux où nous voulions inviter ceux qui avaient été exclus des tournées, ainsi que tous ceux qui, de retour de France, voudraient nous rejoindre. Il s'en trouva une vingtaine, et à partir du 1-er septembre 1990 nous repartîmes de zéro. Desormais notre chant francophone retentira sous les voûtes de l'immeuble, avenue de la Paix, qui abrite le Centre La jeune Russie.

le 14 février 1991

Le tout premier concert du Chœur Georges Brassens
1.

Quelques mois après, tous ensemble, têtes renversées et yeux clignant sous le soleil généreux du printemps, nous regardions la Tour Eiffel, et l'idée qu'il reste encore de la place pour l'équité dans ce monde, remplissait notre cœur de joie.

le 3 avril 1991

Concert durant le premier voyage du groupe en France
2.

C'est ainsi qu'est née la chorale qui porte le nom du mutin gaulois numéro un, ce perturbateur de la quiétude philistine des honnêtes gens qu'est Georges Brassens, mon poète et chanteur favori.

TROIS MINUTES DE SPECTACLE

Changer de nom n'était certes pas un but en soi. L'essentiel pour nous consistait à ne pas rester sempiternellement figés sur scène pendant le concert, à introduire le mouvement scénique et des éléments de chorégraphie, bref, à faire nôtre la thèse selon laquelle la chanson française c'est trois minutes de spectacle. Cela étant, on ne doit nullement illustrer le texte, mais traduire son sentiment intérieur par des gestes, une mimique et la pantomime. A propos, on trouve en France pas mal de chœurs de jeunes et même d'adultes qui se produisent avec succès dans ce genre.

le 12 octobre 1992

Concert de Nœl pour la TV russe (I-e partie)
3.

Le plus difficile était peut-être de persuader les choristes de ne pas se limiter à interpréter la chanson, mais la vivre, l'intérioriser. Sincérité, c'est ce qui gêne souvent les jeunes, et c'est normal. Or, lorsqu'ils parviennent à regarder la salle sans s'effacer, sans détourner les yeux, à fixer le spectateur sans le voir - et c'est ce regard apparemment scrutateur, mais en réalité introverti qui est fascinant, - alors le public cesse de jouer à l'assistance et suit ce qui se passe sur la scène, le souffle retenu.

CHANSON, JAZZ, ROCK

Ces trois mots définissent notre répertoire, voire notre conception de la vie. C'est ce qui explique nos prédilections dans le choix des auteurs et des interprètes: Edith Piaf, Charles Trenet, Georges Brassens, Claude Nougaro, Serge Gainsbourg, Michel Berger, Jean-Jacques Goldman, et j'en passe. Du Brassens proprement dit, nous n'en interprétons pas beaucoup. La plupart de ses chansons ne sont pas faites pour être chantées en chœur. Mais l'une d'entre elles - Les copains d'abord - ouvre traditionnellement la seconde partie de nos concerts, lorsque, abandonnant leur costume russe stylisé pour le jean et tee-shirts noirs, les jeunes entonnent la chanson française.

le 12 octobre 1992

Concert de Nœl pour la TV russe (II-e partie)
4.

Il faut dire que le programme russe que le groupe présente dans la première partie du spectacle, n'a pas toujours figuré dans son répertoire. Son apparition est lié à un épisode amusant de notre deuxième voyage en France.

ALLER A TOULOUSE AVEC SA BOITE DE CASSOULET

En juillet de 1992 nous fûmes invités à la Semaine chantante organisée annuellement à Troyes. Des centaines d'amateurs du chant choral y affluent de toute la France afin d'apprendre ensemble des chansons en fonction des thèmes proposés. Ce forum choral culmine avec un concert de gala grandiose toujours avec la participation du chanteur ou du compositeur de renom à qui la Semaine est dédiée.

le 18 juillet 1992

Concert dans le cadre de la "Semaine chantante" à Troyes (France)
5.

Ce soir nous nous produisions dans le cadre d'un concert des chœurs participants. Nous interprétâmes une chanson. La salle se pauma d'admiration. Une deuxième. Meme réaction. Soudain le directeur de la Semaine chantante accourt de la coulisse et nous demande de chanter quelque chose en russe:"Le public ne croit pas que vous êtes des Russes".Nous avons chanté en russe. Le public a cru. Certaines femmes en étaient même au bord des larmes. Depuis lors, pour éviter des quiproquo pareils nous commençons nos prestations par un programme russe. Bien sur, j'exagère un peu car nous avions toujours interprété des chants russes. Mais ce n'est qu'après cet épisode que nous nous sommes occupés du folklore pour de vrai. Désormais notre répertoire comprend une bonne douzaine de chansons et de danses cosaques.

Ce même soir, une dame, venue nous complimenter au sujet de notre prononciation, a fini par lâcher:"Quand vous chantez, on entend chaque mot, tandis que nos gros bêtas, on dirait qu'ils ont de la bouillie dans la bouche". Cela se comprend d'ailleurs, parce qu'on a toujours plus de respect pour une langue étrangère étudiée que pour sa langue maternelle, et on la parle en conséquence.

J'espère avoir donné une réponse partielle à la question:"La chanson française qui pourrait-elle étonner en France?". Nous aussi, nous aurions plaisir à entendre des Français chanter dans notre langue maternelle avec délices et sans accent. Par ailleurs, les journaux français ont parlé de la mélancolie slave qui s'accorde bien au pavé de Paris. C'est possible. Ils sont mieux placés que nous pour en juger.

Un an plus tard en octobre 1993 nous fûment de nouveau invités à Troyes pour participer au festival qui cette fois s'appelait "Nuits de Champagne" et était consacré au célèbre parolier français Etienne Roda-Gil qui avait écrit des textes pour Juliette Gréco, Julien Clerc et j'en passe. Chemin faisant le groupe prit part au Salon européenne de l'éducation "Scola-93" à Rennes et rendit visite au chœur Anonym' d'Arras, après quoi les deux groupes vinrent à Troyes.

mai 1993

Une prestation à la TV russe (I) - "Je n'fais rien"
6.
Une prestation à la TV russe (II) - "Doux, c'est doux"
7.

mars 1994

Concert à Grenoble
8.

LE CLIN D'ŒIL DE BRASSENS

Le chœur est une partie de ma vie et de celle de chaque choriste. Les novices qui nous viennent comme pour un cours facultatif de français ou dans l'espoir d'aller à l'étranger à moins de frais, ne tardent pas à réaliser qu'ils se sont trompés de porte. Tandis que ceux qui restent deviennent membres d'une famille. Or une famille vit de multiples facéties

Lors d'un voyage en France j'ai du repêcher mes deux jeunes chanteuses dans un commissariat de police. Elles avaient tenté de dérober dans un supermarché quelques produits cosmétiques après s'être débarrassées du code-barre. Tout cela, elles l'avaient fait sous les yeux des gendarmes qui les surveillaient à l'aide des caméras secrètes. Il m'a fallu payer les produits de beauté subtilisés ainsi qu’une amende valant cinq fois le prix des marchandises.

Certes, je me suis senti atteint dans mon orgueil national ainsi que de celui de chef de chœur. J'ai vertement tancé les malheureuses cleptomanes en présence de tout le groupe, mais je n'en ai pas fait une tragédie dans mon for intérieur. Je savais que cela arrive à certains adolescents. Et puis je me suis souvenu d'une chanson de Brassens: trois pères ont renié leurs rejetons convaincus de vols, tandis que le quatrième, voyant son fils, lui a dit:"Bonjour, petit" et lui a tendu sa blague à tabac. Cette chanson - Les quatre bacheliers - évoque un épisode réel de la vie de Brassens lui-même. Quant à notre histoire, faut-il ajouter que rien de pareil ne nous est plus arrivé ni n'arrivera jamais, j'en suis certain.

Après la France le premier pays partiellement francophone que nous ayons visité fut la Suisse (8-11 octobre 1992). Au Festival Tout pour la musique notre ancienne soliste, Maria Olevskaya, actuellement enseignante à l'Université de Moscou, a évolué avec brio. "Les Russes chantent Piaf" a titré un journal suisse son article consacré à notre formation.

LA DECOUVERTE DU CANADA

Si notre séjour en Suisse, comme précédemment en France, fut programmé à une minute près, notre périple au Canada en 1994 releva d'une véritable aventure. Notons en passant que nous sommes allés en Suisse parce que nous avions participé à la Semaine chantante à Troyes, et nous nous sommes fait inviter au Canada grâce à notre séjour en Suisse. Un voyage en appelait un autre. Il en fut toujours ainsi. Plus exactement jusqu'à notre visite de l'Italie en septembre 1998, visite que nous ne devons à rien sauf à Internet. Mais revenons à nos péripéties au Canada.

juin 1994

Une prestation à Québec-ville au restaurant "Aux trois canons"
9.

Sur trois semaines de tournées, nous n'avons passé que trois jours patronnés par le chœur d'accueil d'une petite ville d'où a commencé notre périple à travers le Québec. Le reste du temps nous nous sommes deplacés seuls de ville en ville; on s'installait, donnait un ou deux concerts, et on repartait. Ainsi jusqu'à Montréal d'où nous avons pris l'avion pour Moscou le 18 juillet pour rentrer seulement le 19.

Quant à Montréal, malgré son appartenance au Québec francophone, cette mégalopole multinationale parle essentiellement l'anglais.

Le Québec qui ressemble tellement à la Russie, avec ses espaces infinis, avec ses routes quelconques par endroits, ses forêts d'érables et ses habitants hospitaliers, nous a émerveillés. Nous nous rappelons aujourd'hui encore ces trois semaines de déplacements, de concerts, de soleil, de baignades dans de nombreuses piscines, ces soirées au barbecue passées entre amis à chanter et à gratter la guitare, nous revoyons encore ce grandiose ciel nocturne du continent américain avec sa disposition d'étoiles incorrecte.:)

TONTON VERRAULT

Bien qu'il s'agisse toujours du Canada, ce personnage remarquable mérite une paranthèse. Voici pourquoi.

Le premier festival auquel nous avons participé au Québec se déroulait à Trois-Rivières. Nous avons eu un beau succès et le journal de la ville a publié un article laudatif avec une grande photo du groupe à la une. Son titre était «Les Russes chantent Plamondon». (Le Québécois Luc Plamondon est l'auteur du texte de l'opéra rock Starmania).

Après Trois-Rivières nous sommes allés à Québec, capitale de la province homonyme. Notre passage dans cette ville restait problématique jusqu'au dernier moment. Mais lorsque nous fûmes arrivés au Canada, le promoteur des tournées m'a annoncé que tout était réglé et qu'il avait reussi à nous vendre (sic!) à M.Verrault, propriétaire de plusieurs restaurants à la Grand'Allée, artère principale de Québec-ville. Et d'ajouter:"Pendant trois soirs vous donnerez vos spectacles à la terrasse du restautant de M.Verrault "Aux trois canons" et lui, pour sa part, s'engage à vous assurer l'hébergement, les repas et les excursions". "Et où logerons-nous?" ai-je demadé. "Dans le restaurant même. Spécialement pour vous des lits de bois y sont déjà aménagés et des matelas, achetés."

juin 1994

Notre découverte du Canada (I)
10.

Ainsi, le festival de Trois-Rivières terminé, le Chœur Georges Brassens a déménagé à Québec, non sans se munir de numéros récents du journal local avec sa photo à la une.

UNE PHOTO MAGIQUE

Il faisait une de ces chaleurs! Au restaurant Aux trois canons M.Verrault, un homme trapu aux petits yeux malicieux, nous attendait en personne. Il nous a fait monter un étroit escalier en colimaçon pour voir notre chambre. Suffoquant de chaleur, traînant nos sacs et valises pesants, nous avons entrepris l'ascension.

Une fois arrivés, nous avons découvert avec tristesse et stupéfaction un minuscule grenier tout occupé de lits de planches à trois niveaux. Il y avait une seule cabine de WC et un ventilateur hors d'usage.

Selon toute apparence, le patron comptait recevoir des boys-scouts avec sacs à dos. Mes jeunes filles ont failli fondre en larmes. Et il faut ajouter que dans notre groupe il y avait aussi une femme, professeur de français, et notre sponsor avec ses deux employés. J'ai commencé à expliquer au maître de céans que ce local ne nous convenait pas tout à fait, mais celui-ci restait de pierre. Alors j'ai eu recours à un subterfuge: changeant de thème, je lui ai raconté notre succès à Trois-Rivières et montré notre photo dans le journal. A la vue de la photo M.Verrault s'est concentré, a articulé "En couleurs!" et s'est hâté de nous réserver des chambres dans une auberge de jeunesseе.

On a coulé alors trois jours heureux. On a pris le taxi pour aller de l'auberge au restaurant, et le jour de notre départ, tonton Verrault nous a offert des langoustes; il flairait chaque plat apporté et, si quelque chose n'était pas à son goût, il ordonnait qu’un autre soit apporté. Nous nous sommes liés d'amitié. Tonton Verrault s'est trouvé être un homme plein d'hospitalité et de générosité et ses yeux n'était plus malicieux du tout. ;)

juin 1994

Notre découverte du Canada (II)
11.

Quatre ans plus tard, lorsque nous cherchions une image à mettre sur la pochette de notre CD contenant l'enregistrement de notre concert à l'Université d'Etat de Moscou nous avions porté notre dévolue sur la fameuse photo secourable comme dirait Brassens que vous pouvez voir ci-après:

CHEZ LE CHŒUR "EMOTION" EN LORRAINE

avril-mai 1995

"Utile". Le concert des deux groupes
12.
"Une fenêtre ouverte". Le concert des deux groupes
13.
"Laissez-moi chanter". Le concert des deux groupes
14.
Luxembourg, Creutzwald
15.
Saarlouis, Saarburg (Allemagne)
16.
La Boucle de la Sarre Саар, écluse-ascenseur, Saverne
17.
Metz, Strasbourg. Une chanson sur le parvis de la cathédrale
18.
1995-2001
suite...

jusqu'à

Contacts
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Nous vous remercions de votre intérêt pour notre ch&œlig;ur et notre site web. Si vous avez des questions ou des suggestions, utilisez, s'il vous plaît, un des liens ci-dessus pour nous contacter.

Cordialement,
Alexandre Avanessov, directeur artistique du Ch&œlig;ur G.Brassens de Moscou


E-mail: guitara@mail.ru   ou   choeurgb@gmail.com

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